"Les derniers jours du paradis" - Robert Charles Wilson

Cela fait un petit moment que je n'avais plus lu un livre de Robert Charles Wilson mais j'y retourne toujours avec plaisir, même si tous ces livres ne sont plus du niveau de "Spin" ou "Les Chronolithes". Cela dit, j'ai passé un très bon moment avec "Les derniers jours du paradis".


++ La quatrième de couverture ++


Un roman de science-fiction paranoïaque, haletant, dans la grande tradition du Village des damnés de John Wyndham.
Alors que l’Amérique se prépare à fêter les cent ans de l’Armistice de 1914, un siècle de paix mondiale, d’avancées sociales et de prospérité, Cassie n’arrive pas à dormir. Au milieu de la nuit, elle se lève et va regarder par la fenêtre. Elle remarque alors dans la rue un homme étrange qui l’observe longtemps, traverse la chaussée… et se fait écraser par un chauffard. L’état du cadavre confirme ses craintes : la victime n’est pas un homme mais un des simulacres de l’Hypercolonie, sans doute venu pour les tuer, son petit frère et elle. Encore traumatisée par l’assassinat de ses parents, victimes sept ans plus tôt des simulacres, Cassie n’a pas d’autre solution que fuir.
L’Hypercolonie est repartie en guerre contre tous ceux qui savent que la Terre de 2014 est un paradis truqué.


+++ Mon avis +++

Publié par les éditions Denoël (septembre 2014) dans sa collection Lunes d'Encre, "Les derniers jours du paradis" est le dernier roman traduit de Robert Charles Wilson. Une traduction de Gilles Goullet bien sur. L'auteur n'est plus un inconnu dans la sphère des auteurs de l'imaginaire. Il a marqué les esprits par le passé avec son ambitieux roman "Spin" que je garde encore parmi mes romans favoris, même si les deux suivants du triptyque ne sont pas à la même hauteur. Néanmoins, il ne faut pas oublié son excellent "Les Chronolithes" ou son plus récent "Julian" que j'avais assez bien aimé également.

Avec "Les derniers jours du paradis", Robert Charles Wilson nous offre un récit de SF assez paranoïaque. En reprenant la vieille idée d'une Terre infestée par une race extra-terrestre, Wilson ajoute une couche plus moderne en approchant cette espèce de manière un peu différente. On n'a plus droit à des bug-eyed monsters, mais à quelque chose de plus complexe, de plus flippant et de plus intelligent : l'Hypercolonie. Celle-ci influe sur la terre au travers de la radio-sphère. Elle permet la transmission des communications humaines mais cette Hypercolonie modifie également légèrement le contenu de ce qui est transmis. Son intérêt ? Maintenir la paix au maximum et permettre à l'homme de développer sa technologie. Dans quel but ? Aider l'homme à atteindre un niveau technologique qui va permettre à l'Hypercolonie de se reproduire. En bref, cette Hypercolonie est une espèce de parasite ou un symbiote de la terre, selon le point de vue. Toujours est-il qu'une poignée d'hommes et de femmes, principalement des universitaires, connaissent son existence et lutte contre l'Hypercolonie. Ce qui se limite essentiellement à fuir face à la menace de l'Hypercolonie qui comme un organisme vivant se défend contre cette menace qui veut atteindre à sa vie. Sa manière de faire ? Envoyer des Simulacres, sortes d'êtres ressemblant à des hommes. C'est dans ce contexte que la jeune Cassie va évoluer. Obligée de fuir face à un simulacre, elle va devoir trouver de l'aide autour d'elle auprès de la Correspondace Society, cette communauté qui sait qui est l'Hypercolonie. S'ensuit une course-poursuite entre elle et les simulacres. En parallèle, sa tante essayera de la retrouver pour la protéger.

Dans la construction du récit, "Les derniers jours du paradis" suit un schéma habituel à Robert Charles Wilson. D'un côté on va suivre des jeunes adolescents face à la peur et la survie. De l'autre des adultes qui tenteront de les retrouver. Ce double point de vue rend son roman accessible à différents types de publics, chacun pouvant s'identifier à une tranche d'âge spécifique. Par ailleurs, Robert Charles Wilson reste souvent relativement didactique. Il ne sombre jamais dans des détails scientifiques trop compliqués et globalement, les idées développées sont assez simples à comprendre ce qui par ailleurs rend aussi son roman très accessible à des publics non-avertis.  Rajoutons la thématique paranoïaque d'une terre recouverte par une intelligence extra-terrestre et on a là trois clés qui permettent aux "Dernier jours du paradis" d'être un roman facilement accessible et plus que conseillable à ceux qui voudraient s'initier à la SF d'aujourd'hui.

Me considérant comme relativement fan de l’œuvre de Robert Charles Wilson, j'attendais donc ce roman avec impatience. Malheureusement pour moi, l'auteur n'a plus rien produit d'aussi fort que "Spin". Néanmoins, je dois bien avouer que j'ai passer un excellent moment de lecture avec "Les derniers jours du paradis". J'ai littéralement dévoré le livre de bout en bout, m'accrochant aux personnages, attendant le chapitre suivant avec impatience. Dans l'absolu, rien de révolutionnaire dans ce roman mais c'est bien ficelé, rythmé, on y trouve des personnages attachants et le livre comporte quelques bonnes idées (par exemple : l'aspect intelligence insectoïde de l'Hypercolonie). Bref, on ne boude pas son plaisir et on lit le roman avec plaisir. Un très bon moment de lecture.
"Les derniers jours du paradis" - Robert Charles Wilson "Les derniers jours du paradis" - Robert Charles Wilson Reviewed by Julien le Naufragé on vendredi, septembre 12, 2014 Rating: 5

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